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La science, la loi 73-55 et la communication
dernière mise à jour : 20 04 2017 11:35


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Journées pharmaceutiques du Sud

19e Journées pharmaceutiques du Sud les 19 et 20 Décembre à Djerba

La science, la loi 73-55 et la communication

vitasante - Actualité


Le Conseil de l’Ordre des Pharmaciens du Sud a organisé les 19 et 20 Décembre les 19e Journées pharmaceutiques à Djerba. Le Forum a connu une grande affluence. De nombreux pharmaciens ont fait le déplacement et des douzaines d’industriels pharmaceutiques et de grossistes des médicaments ont envahi le hall de l’hôtel Sunconnect où a eu lieu cette manifestation annuelle.

Comme chaque année, les organisateurs ont mis au point un programme riche et varié. A côté du programme scientifique, les participants ont eu à débattre de deux sujets d’une grande importance pour les pharmaciens : l’éternelle loi du 3 août 1973 organisant les professions pharmaceutiques et la communication moderne  basée essentiellement sur l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Ce volet communicationnel a offert aux participants l’occasion de débattre des moyens appropriés qui permettent aux pharmaciens de soigner leur image et de promouvoir leur profession.

Quant à la journée du dimanche 20 Décembre, les organisateurs l’ont consacré au tourisme. Les participants qui ont choisi de rester ont été pris en charge par une agence spécialisée qui leur a fait découvrir les richesses touristiques du sud tunisien.

 

 

Le Forum a commencé ses travaux samedi matin 19 Décembre.  Après les allocutions de bienvenue de la présidente du Forum, Mme Aida Katar, et le président du CNOPT, M. Abdallah Jalel, les participants ont eu droit à quatre conférences scientifiques qui ont pris l’aspect de cours de formation continue pour les pharmaciens.

Dr Héla Laribi, pédopsychiatre,  a tenu la première conférence scientifique sur « les compléments alimentaires » ; la seconde conférence scientifique a été donnée par Dr Chokri Ben Hmida, Professeur enréanimation médicale au CHU Habib Bourguiba de Sfax sur « l’envenimation par scorpions » ; Dr Héla Zribi du service de dermatologie à l’hôpital ‘Rabta’ a parlé de « la dermatose chez l’enfant et l’adulte » ; enfin, Dr Senda Bahri, professeur à la Faculté de pharmacie de Monastir,  a abordé la question des « préparations magistrales en dermatologie ».

 

Après les conférences scientifiques, les participants ont eu l’occasion de débattre de deux sujets qui sont au cœur de leur profession, à savoir la fameuse loi de 1973 et la problématique de la communication pharmaceutique.

 

Le volet juridique des 19e Journées pharmaceutiques du Sud a été consacré exclusivement à la loi 73-55 du 3 août 1973 organisant les professions pharmaceutiques. Dans son intervention, le président du CNOPT, M. Abdallah Jalel a affirmé : « la loi 73, nous l’avons héritée. Depuis les années 1990, cette loi est en discussion. Un projet a finalement été élaboré en 2008. Le ministère de tutelle l’a adopté et l’a passé au Premier ministère. Malheureusement, ce projet est toujours gelé à cause des vétérinaires. Et ce problème risque de se poser encore. »

Le président du CNOPT a abordé ensuite les modifications proposées à la loi de 1973 et qui ont fait l’objet de plusieurs réunions avec l’autorité de tutelle, qualifiées de fructueuses. Tous les acteurs de la profession ont été conviés à ces réunions : les pharmaciens hospitaliers, le syndicat des pharmaciens, les grossistes répartiteurs et les industriels. 

M. Abdallah Jalel a fait ensuite une présentation sur écran des modifications proposées, précisant que ce qui est écrit en rouge bénéficie de l’accord des autorités de tutelle, et ce qui est écrit en bleu fait encore l’objet de discussion. A titre d’exemple, il n’y a toujours pas d’accord sur la réponse à donner à la question : qu’est qu’une entreprise pharmaceutique ? En revanche la proposition relative aux laboratoires de contrôle des médicaments et des produits pharmaceutiques, une institution qui n’existe pas dans l’ancienne loi, est adoptée sans problème.

Concernant la définition du médicament, l’orateur a affirmé : « Nous avons vu ce qui se passe dans le monde et chez nos voisins qui ont fait un grand pas par rapport à nous. Nous avons été présents en Algérie à l’occasion de la promulgation de la loi sanitaire qui regroupe tous les acteurs du large secteur de la santé. Et je peux vous assurer que la définition du médicament en Algérie est beaucoup plus développée que celle que nous avons en Tunisie. Par conséquent, nous devons adapter notre définition du médicament à celle qui prévaut chez nos voisins et dans le monde. »

L’évocation de l’article 12 (nouveau) a suscité des protestations dans la salle. Selon la version modifiée de cet article : «En cas de condamnation à une peine de prison pour un délit dommageable à l’honneur de la profession, le pharmacien en question pout se voir retirer définitivement la permission d’exercer. » Il n’était donc pas étonnant que cet article suscite des inquiétudes dans la salle. Tentant de rassurer les inquiets, M. Abdallah Jalel a précisé qu’il ne s’agit ici que des délits de droits communs, les délits d’opinion étant exclus bien entendu.

Concernant la composition de l’institution qu’il préside, le président du CNOPT a estimé qu’il faut créer de nouvelles sections au sein de l’Ordre (Conseil des biologistes, Conseil des grossistes, Conseil des industriels  qui seront élus par les pharmaciens appartenant aux secteurs en question). Car, insiste-t-il, « nous ne pouvons plus représenter tout le monde avec 11 membres. » M. Abdallah Jalel est allé si loin dans la franchise au point de mettre en doute la légitimité du Conseil qu’il préside, car, explique-t-il, « Nous sommes élus avec 350 personnes sur 5000 pharmaciens. »

Concluant son intervention, le président du CNOPT a affirmé : « Si l’autorité politique n’est pas convaincue du rôle du pharmacien et du caractère vital du médicament, on ne pourra pas avancer. Le ministère doit être convaincu que la pharmacie est une nécessité pour le citoyen. De son côté, le pharmacien ne pourra se rendre indispensable que s’il fait correctement son travail et s’il fait preuve de compétence en suivant les cours de formation continue. »

 

Concernant le volet communicationnel, L’idée ici est d’aider les pharmaciens à mieux communiquer afin de soigner leur image auprès du public et de promouvoir leur profession. C’est ainsi que M. Taieb Zahar, président du groupe de presse ‘Maghreb Médias’, président de la Fédération tunisienne des directeurs de journaux et ex-pharmacien était invité à donner une conférence sur le thème de la communication.

Quels sont aujourd’hui les enjeux et les défis de la communication pharmaceutique ? C’est par cette question que M. Zahar a commencé son intervention. La réponse est simple. Selon lui, il s’agit tout simplement d’ « assurer la pérennité de la profession pharmaceutique menacée dans ses fondements ».

D’où vient cette menace ?  «Tout le monde nous attaque, nous sommes harcelés, nous sommes sur la sellette. Il y a des lobbies qui nous mènent la vie dure et les pharmaciens ne sont pas suffisamment solidaires », s’inquiète l’orateur. Selon lui, ces attaques ne datent pas d’hier : « Le législateur nous a confié un monopole : la distribution du médicament. Ce monopole est attaqué depuis longtemps. Du temps de Ben Salah, la marge bénéficiaire a été réduite de manière drastique. Aujourd’hui, avec l’imposition de la TVA, on assiste à une bizarrerie tunisienne : la TVA est payée pour la première fois dans l’histoire de cette taxe par le pharmacien et non par le consommateur. »

Que faire donc pour préserver les acquis du pharmacien ? La réponse à cette question n’est pas facile, car pour M. Zahar « l’image du pharmacien est négative aujourd’hui : intéressé par le gain plutôt que par la santé du citoyen, ne s’implique pas dans la vie associative, ne s’implique pas dans le maillon de la chaîne médicale. Le problème avec la CNAM a été dévastateur pour l’image de marque du pharmacien, et la grève décidée par le syndicat risquera, si elle a lieu, d’aggraver les choses. A tort ou à raison, c’est l’image qu’on a aujourd’hui du pharmacien, et on ne peut pas faire de la communication sur la base d’une image négative. »

M. Zahar rappelle « l’idée de génie » que les pharmaciens ont eue au début des années 1980 en créant une structure maghrébine pour les pharmaciens de Tunisie, d’Algérie et du Maroc. « Cette idée nous a permis de démontrer que nous sommes des hommes de science et que nous sommes en mesure de contribuer à la construction de Maghreb arabe. Le succès était tel que l’ancien Premier ministre Mohamed  Mzali n’a pas hésité à nous rétablir dans nos droits laminés par Ben Salah. »

M. Zahar déplore l’absence de stratégie et de dynamisme en matière de communication pharmaceutique. Il se demande « pourquoi les pharmaciens ont raté la campagne nationale en faveur des écoles ? Un slogan ‘une pharmacie, une école’ aurait été un coup de maître pour la réputation des pharmaciens ».

Dans le même ordre d’idées, il estime que « les pharmaciens sont en train de passer à côté d’un atout formidable en matière de communication. Il y a aujourd’hui 2200 officines. Et si l’on suppose que chaque pharmacien voit en moyenne 150 personnes par jour, nous serons alors en contact quotidiennement avec 350.000 personnes. Aucune profession, aucun média en Tunisie ne peut prétendre communiquer avec autant de monde. Et pourtant… »

L’intervention de M. Taieb Zahar a suscité une controverse dans la salle. Certains participants au forum ont exprimé leur désapprobation des idées exprimées par l’orateur, notamment en ce qui concerne l’image du pharmacien « excessivement noircie » par l’orateur, selon une pharmacienne présente dans la salle.

M. Ali Bsila, du syndicat des pharmaciens, a pris le contrepied de l’intervention de M. Zahar. Dans sa réaction, il a tenté de démontrer que le pharmacien bénéficie d’une bonne réputation auprès du public, que le problème avec la CNAM n’a eu aucune répercussion négative sur la profession et que la grève annoncée par le syndicat n’affectera en rien l’image du pharmacien auprès du public.

 

 Après la diffusion d’un film de quelques minutes dans lequel des citoyens exprimaient leur avis sur pharmacien et la profession officinale, M. Ridha Sarraj, pharmacien, a donné la dernière conférence de la journée sur le thème « Santé et TIC ».

Introduisant son sujet, M. Sarraj a affirmé que « la santé est l’un des domaines où les technologies de l’information et de la communication ont subi les mutations les plus importantes. Une révolution numérique est en marche dans le domaine de la santé. Aujourd’hui, les TIC bousculent la profession du pharmacien qui n’a plus d’autre choix que de maîtriser les techniques usuelles de l’information et de la communication. »

Utilisant la technique ‘PowerPoint’, M. Sarraj a développé les thèmes suivants : la communication en officine, l’informatisation du circuit du médicament, les réseaux sociaux, le dossier pharmaceutique, la pharmacie en ligne, les outils des TIC, les applications les plus téléchargées et, enfin, les objets connectés. 

Au cours de sa démonstration, et se référant à quelques chiffres, M. Sarraj a fait remarquer qu’« en Tunisie, 90% des pharmaciens possèdent un logiciel de gestion de la pharmacie. 10% sont connectés continuellement à l’internet. 40% utilisent les réseaux sociaux. D’autres applications des TIC, comme le dossier pharmaceutique et la télésanté offrent au pharmacien l’opportunité de renforcer son rôle de professionnel pour une meilleure prise en charge des patients. »

Concluant sa démonstration, M. Ridha Sarraj a insisté sur la nécessité de sécuriser le médicament à l’aide du dossier pharmaceutique, d’améliorer les compétences au comptoir et de mettre en œuvre un suivi thérapeutique des patients. Autant de tâches vitales pour la pérennité de la profession, mais que le pharmacien ne pourra mener à bien sans être familiarisé avec les outils des TIC.

 

 

                                                                                                                                                                  R.S.