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Une urgence sanitaire, politique et médiatique
dernière mise à jour : 20 04 2017 11:35


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antibiotiques

La crise des antibiotiques

Une urgence sanitaire, politique et médiatique

vitasante - Actualité


S'ils ont transformé la médecine et sauvé des millions de vie, les antibiotiques sont aujourd'hui en crise. Les bactéries y sont de plus en plus résistantes. Nous les avons utilisés de façon abusive. Non seulement chez les malades qui n'ont qu'une infection due à un virus, le rhume ou la grippe, chez lesquels ils sont inutiles. Mais aussi, et beaucoup plus massivement, chez les animaux, les poissons et les crustacés d'élevage, car ils permettent d'industrialiser les productions.

La situation est aujourd'hui très critique. Nous n'avons plus de nouveaux antibiotiques pour faire face aux "superbugs". Non seulement les populations pauvres et déshéritées du tiers-monde payent comme d'habitude le plus lourd tribut. Mais les patients les plus graves de nos hôpitaux, ceux qui bénéficient de chimiothérapies, de greffes ou de réanimation, risquent aussi des infections qu'on ne peut plus contrôler avec des antibiotiques efficaces. La médecine aujourd'hui est "antibio-dépendante".

Chacun est vulnérable. D'un voyage en zone tropicale on revient très souvent porteurs de bactéries très résistantes. Si une infection aussi banale qu'une infection urinaire se produit à ce moment, elle sera difficile à traiter. Les éleveurs aussi peuvent se contaminer auprès de leurs animaux qui reçoivent trop d'antibiotiques. La chaîne alimentaire est impactée.

Bref, il est temps que ce risque devienne une priorité de santé publique. Nous avons la chance d'avoir conscience du phénomène et d'en connaitre les causes avant que la situation ne soit irrémédiable et complètement catastrophique. Profitons-en. Ne faisons pas les mêmes erreurs que pour Ebola ! La première mesure à prendre est simple : agissons maintenant. Il faut diminuer de façon massive toutes les utilisations d'antibiotiques qui ne sont pas indispensables. Chez l'homme bien entendu mais encore plus chez les animaux d'élevage pour qui les antibiotiques ne sont « que » des accélérateurs économiques. Est-ce possible ? Bien entendu.

Les médecins des Pays-Bas prescrivent trois fois plus d'antibiotiques que les médecins français. Toujours aux Pays-Bas, les éleveurs étaient en revanche aussi surconsommateurs d'antibiotiques que leurs homologues français. La prise de conscience s'est faite et, entre 2007 et 2013, la consommation a diminué des deux tiers, dépassant de loin les objectifs annoncés. Cela sans que l'économie des élevages ne s'effondre et sans que les vétérinaires ne descendent dans la rue, comme cela a été le cas en France il y a quelques mois quand on a évoqué l'idée de découpler, comme en médecine humaine, la prescription et la délivrance des médicaments pour en limiter les abus.

La crise des antibiotiques est encore invisible pour la plupart. Mais elle est bien réelle et menaçante. Le Forum de Davos la classe parmi les risques majeurs de déstabilisation des sociétés dans les années à venir. Barack Obama et David Cameron viennent d'injecter des financements dans la recherche de nouveaux antibiotiques. Mais ils ne seront pas disponibles avant 5 à 10 ans. D'ici là il y a urgence à utiliser tous les médias possibles pour aider à ce que des mesures politiques fortes soit prises et comprises. La catastrophe antibiotique est annoncée ? Nous pouvons l'éviter par des mesures de bon sens et les efforts de tous

                                       Antoine Andremont

Professeur de médecine, spécialiste de la résistance aux antibiotiques, hôpital Bichat à Paris