dernière mise à jour : 17 04 2020 12:02




Quand pourrions-nous prétendre au bien-être

Yassine Essid (Professeur universitaire)
vitasante - Actualité


Nous vivons chacun, quel que soit le pays auquel nous appartenons, des milliers de moments de bonheur  si simples qu’ils passent souvent inaperçus. De nombreux événement nous procurent chaque jour  de réelles satisfactions. Le repos après une journée harassante, une bonne nouvelle, le succès à un  examen, l’accès à un métier, tomber amoureux et bien d’autres occasions qui nous donnent des ailes et nous procurent des joies parfois immenses. 
 
 
 
Mais le vrai bonheur ne saurait être détaché du reste car il a toujours besoin  de cet équilibre entre, par exemple, l’exercice d’un métier qui correspond à notre vocation,  les sources de richesse, les conditions de vie convenables, l’habitat décent, l’alimentation saine,  l’environnement propice à l’activité extérieure, les moyens de loisirs nombreux et variés, la capacité de chacun de se faire respecter et de respecter les autres, et  surtout une action publique légitime, efficace et qui veille constamment sur l’intérêt général, autrement dit une bonne gouvernance.  Pour nombre de pays, ce qui nous paraît de l’ordre de l’utopie, est considéré désormais les  conditions a minima du bien-être.
 
Bien-être, benessere, well-being,  dans toutes les langues la signification est identique : un même  ensemble de facteurs, comme la santé, la réussite sociale ou économique, le plaisir,  la réalisation de soi,  l'harmonie avec soi et les autres qui, réalisés  conjointement, assurent le bien-être d’une  personne. Car à  quoi bon être un homme/femme riche mais malade, un dirigeant  puissant mais  mal-aimé?  Transposant cet ensemble de dispositions à l’échelle d’un Etat et de sa population.  Aujourd’hui la société de consommation, à travers ses millions de spots, fait croire que le bien-être réside dans le paraître plutôt que dans l’être, dans la possession sans fin d’objet dont l’utilité est  de moins en moins évidente.  
 
 
C’est avec A. de Tocqueville que le terme fait sa première apparition avec un sens politique : le bien-être incarnait alors une valeur universelle au même titre que l’égalité, la justice et la liberté. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale le bien-être est assimilé à un principe fondamental de l'Organisation Mondiale de la Santé, définissant un état d'équilibre mental, physique et social. Dans le domaine  des cosmétiques, de l’alimentation et des loisirs tout est devenu source de bien-être :  du soda au gel douche, du sédatif pour maux de tête au dentifrice qui  empêche les caries et permet de manger des glaces sans douleurs dentaires !
 
Nous présumons tous que l’état d’esprit d’un peuple est déterminant pour le progrès économique et social d’une nation. Jusqu’à une certaine époque, on ne jugeait ces progrès que  par les statistiques, tel que le taux de croissance ou le revenu par habitant. On a ensuite découvert que les chiffres reflétaient mal l’état d’un pays, que ses performances économiques n’étaient pas une garantie de progrès, ni le revenu par habitant un indicateur de justice sociale.   Autrement dit ce qu’on appelle la répartition des fruits de la croissance rendent imparfaitement compte de l’état des inégalités de la société.
 
ON IMAGINA  ALORS, POUR LES PAYS AVANCES D’ABORD,  UN INDICE DE  LA QUALITE DE LA VIE AYANT SES PROPRES DETERMINANTS  OBJECTIFS ET MESURABLES : LES REVENUS, LA RICHESSE, LE NIVEAU D'EDUCATION, LE NIVEAU DE SANTE OU ENCORE LE DEGRE DE CONFIANCE QU'ONT LES HABITANTS DANS LEURS INSTITUTIONS. 
 
Plus adapté à la situation des pays en développement, fut conçu l'Indice de Développement Humain (IDH), élaboré par le prix Nobel indien  Amartya Sen qui, bien qu’agrégeant  l’espérance de vie à la naissance et le niveau  de formation, demeure cependant fortement corrélé avec le PIB. 
On a ensuite poussé  la  réflexion dans ce domaine jusqu’à suggérer  un indice du bonheur en ajoutant, pour un pays,  d’autres critères à ceux déjà mentionnés, jugés insuffisants, pour apprécier le bien-être des habitants. 
 
  
 
Un pays heureux serait alors un pays où on vit en paix et en sécurité, en liberté et en démocratie, et où les droits de  l’homme sont respectés. Un pays  qui connaît aussi une qualité de la vie importante et où  la recherche, la formation, l’information, la  communication et la culture sont partagées par tous, ne sont pas préoccupés par  leur quotidien  ni ne  redoutent l’avenir. 
 
Pour dépasser la simple mesure de la richesse produite, avec le PIB, l'OCDE a mis au point un indice du bonheur dans le monde. A partir de  plusieurs critères différents. 
Voici en images contrastées, le palmarès des pays les plus attractifs opposés à la Tunisie.
 
 
Les Etats-Unis arrivent premiers en matière de logement
  
 
 
 
Les  Etats-Unis arrivent premiers pour le critère du revenu
 
  
 
La Suisse arrive première des pays où travailler est le plus facile.  
 
  
 
La Finlande possède le meilleur système éducatif du monde 
 
  
 
La  Suède est le pays qui a le meilleur environnement du monde. 
 
  
 
L'Australie est le pays où 71%  des habitants ont confiance dans leurs institutions gouvernementales et leur administration publique
 
  
 
Le meilleur pays pour se faire soigner est la Suisse. 
 
  
 
67 % des Japonais déclarent se sentir en sécurité en marchant seuls la nuit. 
 
  
 
 
Yassine Essid .Pour plus d'informations : myessid@gmail.com